A l'affiche

Les œuvres que vous allez découvrir dans cette exposition ont été presque entièrement réalisées par des artistes femmes. Ce choix est, certes, éthique et politique car il répond à la nécessité de sensibiliser à des pratiques qui ont été peu visibles dans le passé, du fait, du genre de ces artistes ou des thématiques faisant l'objet de leur travail. Mais il répond également à l'invitation qui a été faite à la curatrice Michela Alessandrini par Dominique Polad-Hardouin, ancienne présidente de l'Association de Valorisation de la Collection Cérès Franco : celle de concevoir une exposition à partir de la collection réunie par sa mère, Cérès Franco. Dans ce sens, il s'agit d'une exposition de et par des femmes de provenances et de générations différentes.

Les œuvres présentées génèrent des connections qui étendent la notion de " féminin ", au lieu de renforcer la compréhension univoque et monolithique qui lui est traditionnellement attribuée. L'exposition fait ainsi dialoguer des œuvres de la collection Cérès Franco, notamment d'artistes avec qui elle avait noué des liens très forts, tant professionnels que personnels, avec des prêts d'œuvres d'artistes contemporaines.

Il s'agit içi de faire et de défaire des paysages artistiques, d'exposer les rêves et les fantasmes de ces artistes, qui relèvent d'approches, de cultures et de géographie émotionnelles multiples. Il est question de contempler les symboles qu'elles partagent, ceux d'aujourd'hui et d'autrefois, pour observer l'évolution de leurs sensibilités et de leurs généalogies au fil du temps, dans leurs expressions plurielles, longtemps souterraines, souvent tentaculaires.

De leurs revendications passées et présentes ; du regard qu'elles portent sur leur environnement humain proche ou lointain ; à la question du corps et du genre, par l'expérience de la maternité, des relations amoureuses, de la nature : ces œuvres nous parlent des multiples façons de générer des mondes en tant que femme, afin de remettre en question la notion de " féminin ", et proposer son dépassement par l'accueil de l'autre, comme Cérès nous invitait à faire.